Le Testament de la Tante Caroline

Opérette en 1 acte et 2 tableaux d'Albert Roussel sur un livret de Nino

À peine est-elle morte,
L'argent n'a plus d'odeur
Les hériters ouvrent la porte
Vêtus de deuil, les yeux en pleurs !


Nouvelle production des Frivolités Parisiennes


Note d'intention

Douze mois pour faire un enfant, après quoi tout part à l'Armée du salut : c'est la règle du jeu imposé par la tante Caroline à ses trois nièces pour recevoir son énorme héritage. Or, l’aînée est entrée dans les ordres, la seconde est trop âgée et la plus jeune, quoique mariée, est stérile. Telles sont les prémisses du Testament de la Tante Caroline, comédie noire et burlesque, une plongée dans les entrailles d'une famille déchirée par l'appât du gain. Cette opérette est fascinante par la modernité de son propos et par son ton, âpre et cruel. Nino, qui signe le livret, s'attaque au code social du deuil et au tréfonds de la nature humaine. Les situations sont franches, la méchanceté totale !

Notre premier travail sera de donner à la pièce tout son relief, en respectant son contexte d'origine mais en lui permettant de résonner ici et maintenant. Les artistes lyriques en seront le point central : le défi sera de tenir les parties parlées autant que les parties chantées, car tout dans cette opérette demande une grande dextérité de jeu, de liberté, à l'image de l'orchestre des Frivolités Parisiennes — en partie présent sur scène.

Le Testament de la Tante Caroline, c'est de la comédie emprunte de solitude et de drame personnel, dans la lignée d'un Capra, d'un Hawks ou d'un Billy Wilder. De quoi enfin pouvoir rire à un enterrement.

PN

Contexte historique

Après le scandale de la création française, le propos étant tout à fait scabreux et la mise en scène d'un membre du Cartel ne faisant pas l'unanimité, la pièce tombe dans l'oubli. C'est pourtant un très spirituel testament musical d'Albert Roussel (qui décède la même année), une partition qui peut revendiquer fièrement et sans pâtir de la comparaison sa brillante hérédité (1). Un remaniement désastreux entrepris par Nino seul en 1966 fit de cet ouvrage scinglant une bouffonerie de seconde zone, notamment jouée en février 1989 sous la direction de Jean-Claude Malgloire. Trente ans plus tard, il était temps de faire connaître le livret original tel que nous l'avons retrouvé dans les notes de Georges Pitoëff, le metteur en scène et décorateur, et le manuscrit intégral conservé à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra, où nous l'avons consulté.
Les ayants-droits et éditeurs ne se montrèrent pas très collaboratifs au premier abord, mais l'égarement providentiel d'une partie du matériel en location nous a permis de le compléter d'après les sources afin de présenter une version plus équilibrée, digne nous l'espérons de rentrer au répertoire du théâtre qui porte le nom de Louis Jouvet, partenaire de Pitoëff pour promouvoir l'avant-garde à la fin des années folles.

PG

1 "C'est un opéra-bouffe et non une opérette [...] prendra-t-il place parmi ses glorieux devanciers ?" (A.W., Le Figaro’, 11 avril 1937).

  • Ouvrage créé le 11 mars 1937 à l'Opéra-Comique
    Durée : 1h30 sans entracte
  • L'équipe artistique

    Direction musicale : Dylan Corlay
    Etudes musicales : Benjamin Laurent

    Mise en scène : Pascal Neyron
    Assistanat à la mise en scène : Élisabeth de Ereño
    Dramaturgie : Pierre Girod
    Scénographie : Caroline Ginet
    Costumes : N.N.
    Création lumière : N.N.
    Maquillage : N.N.
    Affiche : N.N.
  • La distribution

    LucineMarie Perbost
    BéatriceMarie Lenormand
    NoémieLucile Komitès
    ChristineMarion Gomar

    Me CorbeauOlivier Déjean
    NoëlFabien Hyon
    FerdinandN.N.
    PatogèneRomain Dayez
    JobardAurélien Gasse
  • Les instrumentistes

    Orchestre des Frivolités Parisiennes
  • Du 26/05/19 au 15/06/19